Enfin des engagements pour briser le Plafond de verre !

Mardi 9 avril, la ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a réuni 16 dirigeants de grands groupes français au Palais Brongniart, à Paris, pour une conférence et des engagements contre le Plafond de verre des conseils d’administration.

Le plafond de verre n’est pas une illusion et prive de nombreuses femmes administratrices qualifiées de l’ascension professionnelle qu’elles méritent. L’enjeu de cette conférence a été de préparer des solutions pour favoriser l’accès aux femmes aux postes de responsabilité et leur participation dans les conseils d’administration des entreprises via le partage d’expériences et de bonnes pratiques autour de tables rondes.

A l’issue de cette conférence, la ministre Najat Vallaud-Belkacem a signé 16 conventions sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes avec les dirigeants des sociétés Accenture, Accor, Air France, Areva, BNP Paribas, Carrefour, Coca-Cola, EADS, EDF, GDF, La Poste, Microsoft, Schneider Electric, SNCF, TOTAL, Véolia. Ces derniers s’engagent sur des objectifs chiffrés, ambitieux et réalistes sur la féminisation des postes de direction et dans les conseils d’administration ainsi que d’accompagner les TPE et PME à organiser une démarche en matière d’égalité par la mise à disposition d’outils.

Enfin, la ministre a affirmé sa volonté d’assurer un suivi de cette démarche de progrès : «Je publierai, une fois par an, un classement des entreprises du SBF 120 qui donnera, globalement et pour chacune d’entre elles, la part des femmes dans les COMEX et CODIRS. Tout autre entreprise pourra, si elle le souhaite, y figurer.»

La ministre a également souhaité mettre l’accent sur l’importance des réseaux féminins dans les entreprises et conseils, en leur conférant un nouveau statut : «Je le dis simplement aux femmes qui sont ici : adhérez à un réseau et s’il n’y en a pas dans votre entreprise, créez-le ! Nous avons besoin que vous vous organisiez. Ces réseaux, quand ils sont actifs, jouent un rôle précieux pour accompagner les femmes dans leurs parcours, pour leur proposer du coaching, du mentoring, des conseils. Nous sommes prêts à leur reconnaître une véritable place dans l’entreprise, y compris pour vérifier si elle respecte ses obligations légales en matière d’égalité des rémunérations et d’accès des femmes aux responsabilités. Les réseaux de femmes doivent devenir la tête de pont de l’égalité dans les entreprises.»

Source : Le Ministère des Droits des Femmes

Pourquoi les conseils d’administration ont-ils autant de mal à intégrer des femmes ?

La diversité dans les conseils d’administration est un sujet brulant ces temps-ci. Pourtant, le pourcentage de femme dans les conseils restent faible…

Pourquoi ? Quels sont donc les facteurs qui influencent la progression de la diversification au sein des conseils d’administration ?

Le monde des conseils d’administration n’est pas un club ouvert à tous. En effet, quand on parle d’administrateur, on parle d’homme entre 50 et 70 ans ayant une forte expérience en tant que CEO, président d’entreprise… Ce sont donc des personnes ayant développées un réseau conséquent qui leur permet d’intégrer plus facilement des conseils. On parle de Boys Network (réseau entre homme).

S’en suit deux conséquences direct de ce phénomènes, la premier est que les hommes vieillissent mais ne sont pas remplacés. Car les nouvelles « générations » ne procèdent pas le réseau, ni la réputation qui leur permettrait d’intégrer les conseils.

La deuxième conséquence  est que ce phénomène entrainent une impression que les femmes sont sous qualifiées. Car en effet la diversification des conseils d’administration doit se jumeler avec un autre problème : La diversification des postes de directions. En effet, comme énoncé plus haut, pour prétendre à un poste d’administrateur, il est important d’avoir acquit une forte expérience dans les postes de direction d’entreprise. Hors même si la diversification de la direction est un phénomène plus répandu de nos jours, il reste encore jeune et nouveau. Donc, il est intéressant de noter que le phénomène de féminisation des conseils d’administration et l’atteinte des quotas ne se fera que sur le long terme.

 

Pourtant la féminisation des conseils est positive et aide à traverser les crises. En effet, la diversification des conseils permet d’apporter une de nouveaux points de vue et une nouvelle approche du secteur. De plus, des études montrent que les femmes ayant une expérience en tant que mère de famille gèrent  plus facilement les états d’urgence et les crises.

Enfin, il est intéressant de constater que les lois mises en place pour la diversification des conseils d’administration (exemple : loi Zimmermann-Copé en 2011) portent leurs fruits. Entre 2009 et 2013, la part des femmes est passée de moins de 11% à plus de 24% dans les Conseils du CAC 40. Nous voyons donc les mœurs évolués depuis la récession en 2008 et une forte volonté des institutions (IFA, IMA, le collége des administrateurs…) de faire évoluer les choses.

Analyse et état des lieux – Gouvernance Corporative en France

L’Institut Français des Administrateurs et Paris Ile-de-France Capitale Economique, en partenariat avec le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables et la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes a publié le vendredi 06 juin une synthèse sur les pratiques sociétales de gouvernance en France a été réalisée à partir de l’expertise d’un groupe de travail piloté par la Commission Internationale de l’IFA présidée par Marie-Ange Andrieux et regroupant des institutions du monde économique et financier.

Ce rapport présente les progrès réalisés par rapport au niveau de la gouvernance en France. La gouvernance des entreprises a fait  d’énormes progrès au niveau du fonctionnement des conseils. De règles efficaces, les  entreprises ont fait un usage performant, la généralisation du principe « comply or explain » permettant de garder une certaine souplesse. Cette amélioration tient pour beaucoup aux hommes et aux femmes qui les animent.

Ce qu’il faut retenir …

Le rôle du secrétaire du conseil est devenu essentiel. Les administrateurs évaluent leur contribution personnelle et collective  et n’hésitent plus à se former sur les sujets les plus complexes. La mise en place de comités spécialisés permet enfin de se focaliser sur des sujets de plus en plus techniques.

La féminisation des conseils

La loi requiert l’atteinte d’un pourcentage d’au moins 20 % de femmes au sein des conseils d’ici 2014 et d’au moins 40 % d’ici 2017. On notera que le Code Afep-Medef préconisait d’ores et déjà dans sa dernière version (2010) ces mêmes quotas.

Les sociétés cotées françaises ont fait preuve d’un dynamisme certain pour accroître la part de femmes au sein de leurs conseils. Ainsi, devançant d’ores et déjà les exigences légales, la proportion de femmes au sein des conseils d’administration des sociétés du CAC 40 s’établit à 24 % à l’issue des AG de 2012, contre 12,3 % en octobre 2010.

Administrateurs indépendants

Plus généralement, le ratio moyen de membres indépendants du conseil est en moyenne de 52 %, proportion qui s’élève à 59 % pour les sociétés du CAC40. Par comparaison, à l’échelle européenne, ce ratio moyen s’établit à 43 %.
79 % des sociétés cotées, dont la quasi-totalité des Bigcaps, spécifient désormais clairement leurs critères d’indépendance.

Fonctionnement des comités
La pratique des comités d’audit, de rémunérations et de nominations dont la séparation se développe – est généralisée dans le CAC40, et évolue très favorablement dans le SBF120, positionnant la France au dessus de la moyenne européenne.

Comité d’audit :

- 100% du CAC40 et 96% du SBF120

- En ligne avec la moyenne européenne (98%)

Comité des rémunérations :

- 100% du CAC40 et 93% du SBF120

- Au-dessus de la moyenne européenne (91%)

Comité des nominations : 

- 97% du CAC40 et 84% du SBF120

- Au-dessus de la moyenne européenne (71%)

Parmi les autres comités du Conseil, on observe :

- Une particularité française : le comité stratégique dans la moitié du CAC40

- La montée en puissance du Comité d’éthique et/ou de gouvernance : 25% du CAC40

- Le Comité des risques en plus du Comité d’audit : 14% du CAC40

Responsabilité Sociale des Entreprises

Le thème du développement durable et de la RSE est, désormais, la plupart du temps associé aux présentations stratégiques et de plus en plus de sociétés du CAC40 pré-sentent des indicateurs extra-financiers et des objectifs chiffrés.
Un quart des entreprises du CAC40 abordent la responsabilité environnementale et sociale lors de leurs présentations des résultats annuels.

L’internationalisation des conseils

Si l’on prend en compte un échantillon représentatif des seules sociétés du CAC40, ce taux monte à 27 %, soit une part supérieure à la moyenne européenne des sociétés d’importance équivalente, laquelle n’est que de 24 %. 

 L’âge des administrateurs

La loi Française dit que Le nombre des administrateurs ayant dépassé l’âge de 70 ans ne peut excéder le tiers des administrateurs en fonction.

L’âge moyen des administrateurs des sociétés du CAC40 était, lors de l’exercice 2011, de 59,5 ans. Cet âge est en ligne avec la moyenne européenne, laquelle s’établit à 58,4 ans pour les principales capitalisations boursières.

 Retrouvez l’étude complète sur : cncc.fr

La secrétaire corporative peut renforcer la gestion d’un conseil d’administration :

La secrétaire corporative peut aider à alléger la charge de travail d’un comité ou d’un conseil d’administration en effectuant elle même certaines tâches qui leur incombent comme la veille permanente de l’évolution du secteur d’activité de l’organisation.

En tant que force de proposition la secrétaire corporative peut également être à l’origine de changement profond au cœur de la gestion de l’organisation. Ainsi elle peut mettre en place de nouvelles procédures de fonctionnements qui auront comme conséquences l’amélioration de la performance. Par exemple la secrétaire corporative peut créer et gérer un portail d’information en ligne sécurisé pour un comité ou pour le CA (« board portal »). Rendre l’information plus disponible est également un enjeu capital. Aujourd’hui plus que jamais, détenir la bonne information au bon moment est crucial mais aussi très difficile. C’est là que la secrétaire corporative intervient, parmi le flux substantiel d’informations, elle sélectionne et met en valeur l’information utile.

En facilitant et en favorisant la communication entre chaque membre d’un conseil, la secrétaire corporative perfectionne le fonctionnement de ce dernier et facilite le devoir de diligence des administrateurs.


Administrateurs au féminin

A 55 ans en moyenne, elles sont parvenues à intégrer un cercle très masculin. Si certaines attribuent leur présence dans les conseils d’administration à la seule force de la loi Copé-Zimmermann, ces femmes se réjouissent néanmoins de pouvoir, enfin, participer activement aux stratégies de développement et de gouvernance des grandes entreprises françaises. A l’occasion de la Journée de la Femme, 4 administratrices ont accepté de raconter leurs parcours.

Témoignages.

Elles regrettent toutes d’avoir du attendre l’instauration de quotas pour que la mixité apparaisse dans les conseils d’administration. Mais, après tout, qu’importe ! Le résultat est à la hauteur de leurs attentes. Avec ou sans formation dédiée, dotées d’une solide expérience professionnelle et passionnées par les enjeux de gouvernance, elles ont toutes réussi à se faire une place au milieu des hommes. Et s’accordent toutes sur un point : la diversité est un point essentiel de l’efficacité d’un conseil d’administration.

Dominique Druon, sans complexe

« Je n’ai aucun complexe à être dans un conseil d’administration grâce à un quota. Je connais beaucoup d’hommes qui y sont grâce à leurs clubs de golf ». Voilà comment Dominique Druon, administratrice au Fonds Stratégique d’Investissement (FSI), vit sa présence parmi ses collègues administrateurs. Pour elle, la loi Copé-Zimmerman représente avant tout une brèche pour toutes les femmes compétentes qui veulent intégrer des conseils d’administration, « sous réserve de se faire connaître et reconnaître », prévient-elle. Comment ? En allant à la rencontre des PDG et en leur apportant de la performance et de la diversité. Cette nécessité, Dominique Druon l’a comprise lorsque, arrivée à la direction générale du Groupe Altran, son évolution s’est soudain figée : « Même si on ne m’a jamais dit  »non » en face, j’ai bien senti que, en tant que femme, j’étais déjà bien haut dans la hiérarchie. J’ai donc décidé d’agir en allant sur le terrain des hommes, c’est-à-dire les cercles de dirigeants, parce que je sentais que c’était le moment et que les hommes comme les femmes étaient prêts à davantage d’échanges. A condition de les solliciter », raconte-t-elle. Déterminée à intégrer un conseil d’administration, Dominique Druon opte au préalable pour une formation certifiante à l’ESSEC afin d’acquérir la légitimité d’intégrer un tel club. En octobre 2011, cette femme d’action obtient son premier mandat par l’intermédiaire du Président de FSI, qui n’est d’autre qu’un ancien client. Sa recette d’intégration : écoute, respect et mise en place d’une relation de confiance avec le Président… »

Pour lire la suite de l’article : Novhetic